Où va le cinéma ?

NOUVEAUX SUPPORTS, NOUVEAUX OUTILS : QUELLES CONSÉQUENCES ?

Mercredi 3 décembre / 20h30 - 22h
Centre Pompidou / Petite salle

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« Le cinémascope, c'est juste bon pour filmer des serpents ou des enterrements. » Fritz Lang

Nouvelles caméras, passage de l’argentique au numérique, expérimentation de nouveaux supports, tel le téléphone portable : quelles conséquences sur la création cinématographique ?

Tout art dépend de ses outils et de leur évolution. A chacune des innovations qui ont marqué l’histoire du cinéma, son langage s’est modifié. D’autre part, le cinéma a toujours été un art « lourd », celui qui réclame les moyens matériels les plus importants. Depuis la guerre, on peut dire que le cinéma tend à devenir plus léger. La guerre puis l’avènement de la télévision ont permis de fabriquer des caméras plus maniables, portables et simples d’utilisation, des pellicules plus sensibles à la lumière.

L’arrivée du numérique, d’abord utilisé pour les effets spéciaux, est en train peu à peu de supplanter la pellicule argentique. Lynch a, semble t- il, renoncé définitivement à l’argentique, Coppola tourne désormais ses films en Haute Définition. On réalise désormais des films avec des téléphones portables, dont l’image est encore fragile, mais qui possède la poésie nuageuse des premières photographies de Nicéphore Niépce. On trouve aussi dans le commerce, pour une somme modique, des caméras de la taille d’un baladeur MP3 possédant une autonomie d’enregistrement de deux heures.

Pourtant, l’argentique impressionne toujours autant. Témoin le dernier film de Raymond Depardon (La Vie moderne, nouveau segment de sa saga Profils paysans), dont l’un des charmes tient au fait qu’il s’agit d’un documentaire tourné en scope, chose devenue rarissime aujourd’hui. Où vont les supports ? Vers une plus grande diversité, vers aussi, et peut-être surtout, un moindre coût. Mais pour créer quel langage, quelles nouvelles formes ?

Par Jean-Baptiste Morain, les Inrockuptibles

INTERVENANTS

Caroline Champetier, directrice de la photographie
Née en 1954, elle intègre l’IDHEC avant d’entamer une longue collaboration avec Chantal Akerman, puis d’être engagée en tant que directrice de la photographie par des cinéastes majeurs : Jean-Luc Godard (Soigne ta droite, 1987 ; Hélas pour moi, 1993), Jacques Rivette (La Bande des quatre, 1988), Jacques Doillon (La Fille de quinze ans, 1989) ou encore Benoît Jacquot (La Désenchantée, 1990 ; La Fille seule, 1995). Elle travaille également avec une autre génération de réalisateurs français : Arnaud Desplechin (La Sentinelle, 1992), Xavier Beauvois (N’oublie pas que tu vas mourir, 1995), ou Laetitia Masson (En avoir ou pas, 1995). Elle collabore plus récemment avec le Japonais Nobuhiro Suwa (Un couple parfait, 2004). Elle a réalisé elle-même sept courts métrages, dont Marée haute en 1998.
Emmanuel Finkiel, cinéaste
Né en 1961, il commence sa carrière en 1979 comme assistant à la mise en scène auprès de Jean-Luc Godard (Nouvelle Vague en 1989), Krzysztof Kieslowski (Trois couleurs - Bleu, Blanc, Rouge en 1993 et 1994) ou encore Bertrand Tavernier (L’Appât en 1995). Il passe lui-même derrière la caméra en 1997 avec Madame Jacques sur la Croisette pour lequel il obtient le César du meilleur court métrage. Suivront les longs métrages Voyages en 1999, également récompensé par le César du premier film et du meilleur montage en 2000, puis Casting réalisé en 2001 à partir des bandes des auditions de ses deux précédents travaux. Il est récompensé par le Prix Jean Vigo 2008 pour son troisième long métrage, Nulle part terre promise, tourné en HD.
Jean-Charles Fitoussi, cinéaste
Né en 1970, diplômé de philosophie, il signe un court métrage, Aura été, en 1994, avant de devenir l’assistant de Christian Merlhiot et du duo Jean-Marie Straub/Danièle Huillet. En 2001, il réalise Sicilia ! Si gira, documentaire sur le tournage de Sicilia ! des Straub, puis Les jours où je n’existe pas en 2003 et Le Dieu Saturne en 2004. Nocturnes pour le roi de Rome, entièrement tourné avec la caméra d’un téléphone portable, a été sélectionné à la Semaine de la Critique 2006. Son dernier long métrage, Je ne suis pas morte, a été présenté en 2008 dans la section « Cinéastes du présent » du Festival de Locarno.
Gilles Gaillard, directeur général Mikros Image
Né en 1973, Gilles Gaillard est directeur général de Mikros Image, studio de post-production spécialisé dans les effets spéciaux. Diplômé de l’école Louis Lumière, il est entré dans la société en 1999 et a dirigé pendant plus de cinq ans le département cinéma numérique. Il a notamment collaboré aux longs métrages Marie-Jo et ses deux amours de Robert Guédiguian (2002), Les Poupées russes de Cédric Klapisch (2005) ou encore La Trahison de Philippe Faucon (2006). Depuis octobre 2007, Mikros Image a supervisé plus de trois cents projets tous domaines confondus, cinéma, publicité, institutionnel, jeux vidéo, clips.
Charles de Meaux, cinéaste et producteur
Né en 1964, Charles de Meaux est l’un des cofondateurs, avec Pierre Huyghe, Philippe Parreno, Dominique Gonzalez-Foerster et l’Association de Diffusion de l’art contemporain (Xavier Douroux et Franck Gautherot), de la société de production Anna Sanders Films. Il réalise son premier film Le Pont du trieur en 2000, puis Shimkent hotel avec Melvil Poupaud, Romain Duris et Caroline Ducey en 2003. Il a produit les trois derniers films du cinéaste thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, Blisfully Yours (2002), Tropical Malady (2004) et Syndromes and a Century (2007)

Modération : Benoît Labourdette, coordinateur général du Festival Pocket Films

4 QUESTIONS

L’arrivée de tous ces outils il me semble est à mettre en parrallèle avec la possibilité de les publier facilement…(youtube etc)

Est-ce qu’à votre avis les outils et les supports démocratisent vraiment le cinéma où est-ce que tout ceci n’est en fait que synonyme de trivialité?

Charles, le 2 décembre 2008 à 20:07

Après Truffaut qui disait qu’en chaque homme sommeille un critique, peut-on dire aujourd’hui qu’en chacun sommeille un filmeur ?

Bernard Foucher, le 3 décembre 2008 à 12:54

Je suis étudiante dans une école de cinéma. mon sujet de mémoire de fin d’année est “le cinéma brut existe-t-il?” en référence à l’art brut, l’art des “fous”, qui se fait sans bagage pour reprendre votre expression. Pensez-vous qu’a terme l’utilisation de ces outils simplifiés permettra de faire des films sans contrainte technique, économique, etc. ?

Claire, le 3 décembre 2008 à 22:09

excellent l’intervention de finkiel!

martine, le 16 décembre 2008 à 0:55

PARTICIPEZ

LEURS RÉPONSES

Acteurs et réalisateurs répondent à cette question centrale : “Où va le cinéma ?”


  • M. NIGHT SHYAMALAN

    Cinéaste américain
    Dernier film : Phénomènes


  • CARICE VAN HOUTEN

    Actrice néerlandaise
    Dernier film : Black Book de Paul Verhoeven


  • LISANDRO ALONSO

    Cinéaste argentin
    Dernier film : Liverpool


  • BONG JOON HO

    Cinéaste coréen
    Dernier film : The Host


  • YU LIK-WAI

    Cinéaste chinois
    Dernier film : All Tomorrow’s Parties


  • GEORGE A. ROMERO

    Cinéaste américain
    Dernier film : Diary of the Dead


  • MIGUEL GOMES

    Cinéaste portugais
    Dernier film : Cher mois d’août


  • SERGE BOZON

    Acteur et cinéaste français
    Dernier film : La France


  • KIJU YOSHIDA

    Cinéaste japonais
    Dernier film : Femmes en miroir


  • DAVID STRATHAIRN

    Acteur américain
    Dernier film : My Blueberry Nights


  • ALBERT SERRA

    Cinéaste espagnol
    Dernier film : Le Chant des oiseaux


  • HOU HSIAO-HSIEN

    Cinéaste Chinois
    Dernier film : Le Voyage du ballon rouge

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