Où va le cinéma ?

OÙ VA LA CRITIQUE ? NOUVEAUX OBJETS, NOUVEAUX SUPPORTS, NOUVEAUX ACTEURS

Vendredi 5 décembre / 18h - 19h30
Centre Pompidou / Cinéma 1

Débat retransmis en direct | Participez au débat

« Comme Hitchcock faisant Le Faux Coupable et disant aux Cahiers : “ Ce film, je l'ai fait pour vous. ” Un film qu'il n'aurait peut-être pas fait s'il n’avait pas lu Les Cahiers du cinéma. » André S. Labarthe

En général, on attend de la critique qu’elle éclaire et qu’elle élucide : le sens d’un film ou celui, plus général, des mutations en cours. Aujourd’hui, ce sont, peut-être, ces mutations elles-mêmes qui éclairent et recomposent une fonction critique aux frontières incertaines et aux marges fécondes.

Comment va la critique ? Elle apparaît plus que jamais mise en question dans ses délimitations, et en quête en tout cas d’une redéfinition. Cela, sous l’effet de mutations dont elle aura sans doute tardé parfois à prendre acte, mutations parmi lesquelles il y a à la fois la précarisation de sa terre d’accueil historique, une presse en crise perpétuelle, l’évolution de son lectorat, et la transfiguration de ses objets, longtemps, et communément, appelés les films. Ainsi, tandis que les supports des images se multiplient et s’abolissent, ce sont les outils de la critique qui se trouvent en partie renouvelés.

Par-delà la question des supports, lorsque la maison cinéma accueille plus d’images venues d’ailleurs que jamais, lorsqu’elle délivre des modèles et cède du terrain à d’autres médias, émergents ou pas mais bien en place en des territoires autrefois dévolus au seul cinéma, on ne peut que réinterroger sa place dans une arborescence des images désormais si ramifiée qu’on ne saurait l’y voir encore comme le tronc ou la racine. Cette interrogation, il est rare que les bastions historiques du discours sur le cinéma la portent mieux qu’un nouveau continent en lequel on peut voir moins la concurrence qu’une échappée de la critique : internet, réceptacle ouvert à des voix venues d’un ailleurs jusque-là tenu au silence, via ses myriades de forums, les constellations de blogs.

Nouveaux outils, nouveaux objets, nouveaux territoires, nouvelles voix, nouvelles formes… Tout cela incline la critique dans sa mue nécessaire, et le tournant est passionnant. Quant à ce qu’il faudra attendre d’elle, une fois ces mutations consommées, les opinions divergeront certainement encore ; mais pendant les travaux, le débat reste ouvert.

Par Julien Gester, les Inrockuptibles

OÙ VA LA CRITIQUE : L’ENQUÊTE


À l’occasion de la table ronde Où va la critique ?, le Silo a proposé d’engager un travail de recherche sur le sujet en soumettant un questionnaire à de nombreuses personnalités françaises et étrangères.
C’est un interrogatoire des « comment ? » plutôt que des « pourquoi ? », intéressé avant tout par la description des pratiques. Il est adressé à différentes générations de critiques, à des intellectuels plus ou moins proches, dans leur pratique, de l’exercice critique, à ceux qui ici et ailleurs héritent ou non de la cinéphilie, à ceux qui lisent la critique, à ceux qui font le cinéma…
Lire les réponses

 

INTERVENANTS

André Habib, chroniqueur et coordinateur de la section cinéma de la revue électronique Hors champ
Professeur au département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal, la thèse qu’il a présentée en 2008 porte sur « le temps décomposé : cinéma et imaginaire de la ruine ». Depuis 2001, il est chroniqueur et coordinateur de la section cinéma de la revue électronique Hors Champ et entre 2001 et 2007, il fut secrétaire de rédaction de la revue Intermédialités. Il a dirigé avec Viva Paci l’ouvrage collectif Chris Marker et l’imprimerie du regard (éd. L’Harmattan, coll. « Esthétiques », 2008), ainsi que le numéro consacré à L’imaginaire de la ruine (avec Richard Bégin et Bertrand Gervais) de la revue de sémiotique Protée.
Hervé Joubert-Laurencin, Maître de conférences à l’Université Paris VII
Spécialiste d’André Bazin et de Pier Paolo Pasolini.
Il a écrit Pasolini, portrait du poète en cinéaste (éd. Cahiers du cinéma, 1995) et a édité, de Pasolini, les Écrits sur le cinéma (P.U. de Lyon, 1987) et les Écrits sur la peinture (Carré, 1997). Ses recherches en cours portent sur la théorie et l’histoire de la critique de cinéma.
Joachim Lepastier, auteur du blog 365 jours ouvrables
« Spectateur professionnel qui entrouvre son cabinet d’amateur », Joachim Lepastier écrit son blog, www.365joursouvrables.blogspot.com comme un carnet très personnel qui mêle cinéma et architecture, graphisme, musique et photographie… Il est architecte et a réalisé plusieurs courts métrages (Chers Parisiens… , Periphpolis, Traces de ville, Paris roule-t-il ?)
Olivier Séguret, journaliste à Libération
Né en 1960 à Mostaghanem, en Algérie.
Critique et journaliste de cinéma depuis 1982, pilier des pages cinéma de Libération, Olivier Séguret y tient aussi une chronique consacrée à l’actualité vidéoludique.

Il a ainsi contribué à faire entrer le jeu vidéo dans la presse quotidienne française.

Marcos Uzal, critique, corédacteur en chef de la revue d’esthétique Vertigo
Marcos Uzal a écrit pour Exploding, Cinéma, Trafic et pour Vertigo, revue d’esthétique dont il est actuellement corédacteur en chef. Il est par ailleurs l’un des sept responsables de l’ouvrage Pour João Cesar Monteiro (éd. Yellow Now, 2004). En 2007, il a codirigé un numéro de CinémAction consacré à Tod Browning. Il est également codirecteur de la collection « Côté Films » aux éditions Yellow Now, pour laquelle il a écrit un essai sur Vaudou de Jacques Tourneur. Il a réalisé quatre courts métrages.
Jennifer Verraes, cofondatrice du Silo
Doctorante à l’Université Paris III, Jennifer Verraes a cofondé, avec Teresa Castro, Evgenia Giannouri et Clara Schulmann le « Silo », un groupe de recherche dédié à l’étude des relations entre cinéma et art contemporain, ainsi qu’un espace itinérant aux multiples ramifications : programmation, «  blog-plateforme critique », rencontres et publications.

Modération : Julien Gester, les Inrockuptibles

8 QUESTIONS

Alors où apprend t-on à être critique cinéma aujourd’hui ? Sur allociné.fr (où il y a vraiment à boire et à manger ;-) ? où toujours dans les écoles de journalisme??

jarmush, le 1 décembre 2008 à 18:53

La dissémination du discours critique sur internet vous rend t-elle moins légitimes (pour les critiques “installés”, de quotidiens et magazines) ou au contraire doit-elle être encouragée puisqu’elle aboutit à plus de discussion et un dialogue plus dense ?

sodapop, le 4 décembre 2008 à 18:55

La critique est-elle un métier ingrat ? Vous donnez des conseils mais vous devez aussi faire face à un certain ressentiment (”critiques élitistes”, “les critiques ne font pas de films” etc..). Fausse question pour un vieux débat?

ponyboy, le 4 décembre 2008 à 18:58

On peut dire que les rencontres sont parfois l’élément déterminant d’une vie alors est-ce que la rencontre avec un film ne devrait pas être l’aspect le plus important de toute critique. Je prends ici le terme rencontre dans tout ses sens. La rencontre c’est établir le dialogue mais c’est aussi parfois se trouver, se rejoindre, se heurter ou s’affronter. Les critiques semblent de moins en moins intéressés par cet aspect car ils doivent parler de tout…métier oblige. La rencontre devient difficile dans ces conditions et on n’aspire pas à transmettre aux autres l’objet qui a croisé notre chemin. L’absence de rencontre est-elle en train de tuer la critique?

Lola Demy, le 4 décembre 2008 à 20:21

Pourquoi le calendrier de la critique est-il imposé par les décisionnaires de l’industrie cinématographique ? C’est à dire que les critiques ne parlent d’un film que lorsqu’ils sont finis et approuvés par un producteur, par une commission d’avance sur recette, par un distributeur… ou éventuellement par une sélection en festival.
Est-ce que la critique sur Internet pourrait s’affranchir du marché des films pré-formatés par l’industrie, en se plaçant comme une interface entre le film et le spectateur? Plutôt du côté de l’auteur que de celui du commerce de DVD.

HarryTuttle, le 5 décembre 2008 à 10:44

Bonjour, très peu de critiques de cinéma sur ce plateau et l’absence notable des Cahiers du cinéma et de Positif… effectivement, on peut se poser la question… où va la critique… sans la critique… j’espère que ma question pourra être posée aux intervenants réunis pour se poser de bonnes questions.
un lecteur de revues de cinéma

Alain Juline, le 5 décembre 2008 à 16:00

Devient-on critique de cinéma à défaut d’avoir pu devenir réalisateur ?

Ourse, le 5 décembre 2008 à 17:41

Les critiques aiment-ils que l’on critique leurs critiques ?

Ourse 2, le 5 décembre 2008 à 17:43

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LEURS RÉPONSES

Acteurs et réalisateurs répondent à cette question centrale : “Où va le cinéma ?”


  • M. NIGHT SHYAMALAN

    Cinéaste américain
    Dernier film : Phénomènes


  • CARICE VAN HOUTEN

    Actrice néerlandaise
    Dernier film : Black Book de Paul Verhoeven


  • LISANDRO ALONSO

    Cinéaste argentin
    Dernier film : Liverpool


  • BONG JOON HO

    Cinéaste coréen
    Dernier film : The Host


  • YU LIK-WAI

    Cinéaste chinois
    Dernier film : All Tomorrow’s Parties


  • GEORGE A. ROMERO

    Cinéaste américain
    Dernier film : Diary of the Dead


  • MIGUEL GOMES

    Cinéaste portugais
    Dernier film : Cher mois d’août


  • SERGE BOZON

    Acteur et cinéaste français
    Dernier film : La France


  • KIJU YOSHIDA

    Cinéaste japonais
    Dernier film : Femmes en miroir


  • DAVID STRATHAIRN

    Acteur américain
    Dernier film : My Blueberry Nights


  • ALBERT SERRA

    Cinéaste espagnol
    Dernier film : Le Chant des oiseaux


  • HOU HSIAO-HSIEN

    Cinéaste Chinois
    Dernier film : Le Voyage du ballon rouge

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